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La lĂ©gitimitĂ©, un mot lourd de sens ! le 07/02/2011 à 22h10

Encore une fois, je reviens sur ces secousses de protestations qui secouent de nombreux pays arabes. Apres la Tunisie et l’Egypte, beaucoup d’analystes et de personnes qui suivent l’actualité politique internationale se demandent à qui le tour ? 
Pour certains pays, les dates de manifestations sont déjà arrêtées, La revendication pour les manifestants de Syrie, du Yémen et de l’Algérie est identique. Elle se résume en deux mots à savoir :Changement du régime. En Jordanie c’est différent, les partis politiques de l’opposition réclament des reformes et ne remettent pas en cause leur régime monarchique. Même chose pour les autres royaumes et sultanats arabes.

Un dicton bien de chez-nous dit « Bach tqtel, bach tmout a malik almoute » cette citation s’applique à tous ceux qui avaient usé de la force, la violence ou la trahison pour s’imposer, accaparer le pouvoir et gouverner en dictateurs. Un jour, ils abandonneront le pouvoir à leur tour par la force, la violence ou la trahison. 
Certains dirigeants arabes ont usé de leur position dans la hiérarchie militaire pour organiser des coups d’états et s’emparer du pouvoir. En quoi le Président de la « Jamahiriya » qui était un capitaine dans l’armée libyenne et qui avait profité de l’absence du roi  qui était en traitement médical pour s’emparer du pouvoir par un coup d’etat après avoir trahi son roi. Est-il plus légitime que feu le roi Idriss 1er de Libye ? Si légitimité il y a, c’est le monarque qui l’avait, lui qui était l’héritier de la dynastie des Senoussi ! 
C’est vrai qu’il fut un temps où renverser les empereurs et les rois pour instaurer des régimes républicains était à la mode. Faut-il encore respecter et mettre en place d’une vraie démocratie. Or si nous regardons de près les régimes arabes qui avaient basculé d’un régime monarchique vers un régime républicain, la démocratie qui est le fondement d’un régime républicain n’est jamais pratiquée. Ils renversent les rois pour devenir des présidents à vie, en attendant qu’ils soient à leur tour renversés par un autre dictateur. 
Que ça soit en Syrie, en Iraq, en Libye au Yémen ou en Egypte pour ne citer que ces pays, ils ont chassé des rois légitimes pour installer des dictateurs. 
En Egypte le roi Farouk a été renversé par le General Naguib, lui-même renversé par Nasser qui n’a quitté le pouvoir qu’emporté par la mort et puis c’est Sadate qui prend et qui le cède à Moubarak après son assassinat. Depuis l’élimination du roi Farouk c’est l’armée et ses généraux qui se relaient le pouvoir en Egypte !.

Une monarchie n’est pas synonyme d’une dictature. Que ça plaise ou que ce déplaise à certains, les régimes les plus démocrates dans le monde sont les monarchies. La Suède, le Danemark, le Royaume-Uni et l’Espagne sont là pour nous le prouver. Je signale ce fait pour dire que ce n’est nullement pas le type de régime qui attribue à un pays le qualificatif de démocratique, mais la manière dont est exercée sa gouvernance. 
Je ne vais pas esquiver le cas de notre pays qui est une monarchie constitutionnelle, et qui diffère des monarchies occidentales par le fait que chez nous, le roi règne et gouverne. Et si certains pensent que ces deux fonctions ne peuvent pas aller ensemble, moi je pense que le roi doit régner mais aussi gouverner. Ce système de gouvernance est justement celui qui tout en laissant la latitude au chef de gouvernement pour appliquer le programme politique voté au parlement, permet au roi d’intervenir à chaque fois qu’il constate des dépassements ou un risque qui pourrait porter atteinte aux intérêts supérieurs de la nation.

Maintenant est ce que notre pays est à l’abri de ce vent de contestation qui souffle dans le monde arabe ? 
Ma réponse est oui et non. 
Oui parce que le peuple marocain tout entier est dernière son roi qu’il aime. Et que notre régime qui est une monarchie constitutionnelle n’est contesté par personne. Donc la contestation, si il y a contestation, ne visera pas notre monarchie. Par contre elle visera: 
- Le gouvernement et son chef pour la main mise par une caste sur presque tous les départements ministeriels comme si le Maroc se résume à la seule ville de Fès. 
- Les parlementaires dont l’élection s’est déroulée avec un taux de participation qui est à peine de 37%. Une participation qui limite la portée politique de ces élections. 
- Les partis politiques qui demandent plus de démocratie sans qu’ils démocratisent leurs instances et qui ont échoué malgré les larges subventions qui leurs sont versées par l'Etat dans leur principale mission qui consiste à encadrer les populations.
C’est à ces gens là que les marocains tout en disant "vive le roi" risquent de dire « dégagez » ! 
 
Je termine ma chronique par ce que le Prince Moulay Hicham a répondu à l'animateur Yves Calvi, ce soir sur le plateau de France 2 au cours de l'émission Mots Croisés: "Le Maroc qui est une monarchie constitutionnelle n'a pas besoin de révolution mais d'évolution".
Oui Altesse, mais sans trop tarder !

Ainsi va Ghriss

Goulmima le 07/02/2011

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