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IRIR A TARIR (Zaid l’homme intègre)

 

IRIR À TARIR
Zaid l’homme intègre du Majliss ! 
A Goulmima pendant le protectorat français, les jugements étaient rendus par un conseil appelé « le Majliss » formé d’hommes choisis pour leur honnêteté et pour le rang qu’ils occupaient au sein de leur communauté. L’officier français qui présidait ce conseil se chargeait de l’application de la sentence.
Zaid et Bassou étaient les deux hommes du Majliss (tribunal coutumier) de Goulmima. Avec l'officier français  des affaires indigènes ils statuaient sur toutes les affaires  qui étaient soumises au tribunal de Ghriss.
Les deux hommes étaient droits, incorruptibles et n'acceptaient aucun compromis quand ils rendaient leurs jugements. Mais leur droiture n'arrangeait pas tout le monde au ksar au point où quelques individus malveillants avaient préparé un complot pour ternir leur image afin qu’ils soient destitués.
Ces comploteurs commencèrent leur attaque en accusant Zaid d'avoir accepté un pot de vin de la part d'un certain Slimane. Sur proposition de ce groupe d'hommes, Slimane, jeune homme chétif et orphelin de père fut convaincu par ce groupe d'hommes et accepte d'aller déclarer au Caïd Brahim qu'il avait remis un pain de sucre à Zaid pour qu'il intercède en sa faveur lors d'un jugement.
Bien que le Caïd Brahim doutait de la déclaration de Slimane, il fut obligé d'en informer l'officier des affaires indigènes qui à son tour convoque Slimane pour qu'il se présente au tribunal le jeudi qui est le jour de la tenue des assises du tribunal coutumier de Ghriss.
La salle d'audience ce jour là était pleine à craquer. Les gens étaient venus de toutes parts assister à la destitution de Zaid, suite à la rumeur que ses adversaires avaient fait circuler. Les affaires passaient l'une après l'autre et comme si de rien n'était, Zaid et Bassou statuaient sur chaque affaire. À la fin de la séance l'officier fait appeler Slimane à la barre et lui demande de redire ce qu'il avait déclaré au Caïd Brahim.
D'une voix tremblante Slimane déclare avoir remis à Zaid un pain de sucre et que ce dernier lui a promis de prononcer un jugement en sa faveur. 
À la fin de la déclaration de Slimane, l'officier de tourna vers Zaid qui a suivi sans dire un mot la déclaration de son accusateur et lui dit:
- Que réponds-tu à ce que ce jeune homme déclare ?
Zaid se lèva et s'adressa directement à Slimane:
- Mon enfant, tu déclares m'avoir remis la semaine passée un pain de sucre chez-moi ?
- Oui. Je suis venu te le remettre chez-moi, répondit Slimane 
- Où exactement, est-ce au rez-de-chaussée, au niveau intermédiaire (tanamaste) ou dans le salon (lborj) situé au second niveau de ma maison ?
- Je suis monté te le remettre dans ton salon répondit Slimane.
Zaid se tourna vers l'officier et lui dit:
- Cet homme déclare être monté jusqu'au second étage de ma maison pour me remettre un pain de sucre alors qu'il n'a jamais mis les pieds chez moi. Mais puisqu'il a pris les escaliers pour arriver au second niveau où se trouve le salon, J'aimerais qu'il nous dise si en entrant chez-moi, les escaliers qu'il avait empruntés se trouvent à droite, au centre ou à gauche par rapport à la porte d'entrée de la maison ?
Le visage de Slimane blêmit d'un coup. Ne sachant quoi répondre il resta figé sans parole.
- Alors Slimane, à droite, à gauche ou au centre lui demanda l'officier ?
Slimane, balbutie quelques mots incompréhensibles avant de fondre en sanglots.
Comprenant que Slimane a menti, l’officier demande à Zaid et à Bassou de lui fixer sa sanction. Ce, à quoi Zaid répondit : 
- Laissez-le partir, car il n’y a pas pire sanction pour un homme que de le voir sangloter en présence de ses paires !
- Non, répliqua l’officier, il ira séjourner deux mois en prison afin qu’il ait le temps de bien méditer ses mensonges !
Ali Ouidani - Woodbridge 
NB: (En hommage aux mémoires de feus Zaid ou Da3li, de Bassou ou 3bou et du Caïd Brahim n’Ait Khettouch, qui furent parmi les grands hommes de mon Ksar)Zaid l’homme intègre du Majliss ! 
Zaid l’homme intègre du Majliss
A Goulmima pendant le protectorat français, les jugements étaient rendus par un conseil appelé « le Majliss » formé d’hommes choisis pour leur honnêteté et pour le rang qu’ils occupaient au sein de leur communauté. L’officier français qui présidait ce conseil se chargeait de l’application de la sentence.
Zaid et Bassou étaient les deux hommes du Majliss (tribunal coutumier) de Goulmima. Avec l'officier français  des affaires indigènes ils statuaient sur toutes les affaires  qui étaient soumises au tribunal de Ghriss.
Les deux hommes étaient droits, incorruptibles et n'acceptaient aucun compromis quand ils rendaient leurs jugements. Mais leur droiture n'arrangeait pas tout le monde au ksar au point où quelques individus malveillants avaient préparé un complot pour ternir leur image afin qu’ils soient destitués.
Ces comploteurs commencèrent leur attaque en accusant Zaid d'avoir accepté un pot de vin de la part d'un certain Slimane. Sur proposition de ce groupe d'hommes, Slimane, jeune homme chétif et orphelin de père fut convaincu par ce groupe d'hommes et accepte d'aller déclarer au Caïd Brahim qu'il avait remis un pain de sucre à Zaid pour qu'il intercède en sa faveur lors d'un jugement.
Bien que le Caïd Brahim doutait de la déclaration de Slimane, il fut obligé d'en informer l'officier des affaires indigènes qui à son tour convoque Slimane pour qu'il se présente au tribunal le jeudi qui est le jour de la tenue des assises du tribunal coutumier de Ghriss.
La salle d'audience ce jour là était pleine à craquer. Les gens étaient venus de toutes parts assister à la destitution de Zaid, suite à la rumeur que ses adversaires avaient fait circuler. Les affaires passaient l'une après l'autre et comme si de rien n'était, Zaid et Bassou statuaient sur chaque affaire. À la fin de la séance l'officier fait appeler Slimane à la barre et lui demande de redire ce qu'il avait déclaré au Caïd Brahim.
D'une voix tremblante Slimane déclare avoir remis à Zaid un pain de sucre et que ce dernier lui a promis de prononcer un jugement en sa faveur. 
À la fin de la déclaration de Slimane, l'officier de tourna vers Zaid qui a suivi sans dire un mot la déclaration de son accusateur et lui dit:
- Que réponds-tu à ce que ce jeune homme déclare ?
Zaid se lèva et s'adressa directement à Slimane:
- Mon enfant, tu déclares m'avoir remis la semaine passée un pain de sucre chez-moi ?
- Oui. Je suis venu te le remettre chez-moi, répondit Slimane 
- Où exactement, est-ce au rez-de-chaussée, au niveau intermédiaire (tanamaste) ou dans le salon (lborj) situé au second niveau de ma maison ?
- Je suis monté te le remettre dans ton salon répondit Slimane.
Zaid se tourna vers l'officier et lui dit:
- Cet homme déclare être monté jusqu'au second étage de ma maison pour me remettre un pain de sucre alors qu'il n'a jamais mis les pieds chez moi. Mais puisqu'il a pris les escaliers pour arriver au second niveau où se trouve le salon, J'aimerais qu'il nous dise si en entrant chez-moi, les escaliers qu'il avait empruntés se trouvent à droite, au centre ou à gauche par rapport à la porte d'entrée de la maison ?
Le visage de Slimane blêmit d'un coup. Ne sachant quoi répondre il resta figé sans parole.
- Alors Slimane, à droite, à gauche ou au centre lui demanda l'officier ?
Slimane, balbutie quelques mots incompréhensibles avant de fondre en sanglots.
Comprenant que Slimane a menti, l’officier demande à Zaid et à Bassou de lui fixer sa sanction. Ce, à quoi Zaid répondit : 
- Laissez-le partir, car il n’y a pas pire sanction pour un homme que de le voir sangloter en présence de ses paires !
- Non, répliqua l’officier, il ira séjourner deux mois en prison afin qu’il ait le temps de bien méditer ses mensonges !
Ali Ouidani - Woodbridge 
NB: (En hommage aux mémoires de feus Zaid ou Da3li, de Bassou ou 3bou et du Caïd Brahim n’Ait Khettouch, qui furent parmi les grands hommes de mon Ksar)
Ali Ouidani

 

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