[Retour]


Sur la route étroite de la démocratie ? (Par Brahim Kouch)

Plusieurs ministres, pour ne pas dire la totalité d’un gouvernement, peuvent-ils parler, accuser sans preuves, ni explications ? La réponse est évidemment non !  La régulation sociale, par un dialogue continu et constructif, permet de répondre aux espérances des peuples ; cependant un manque de dialogue, qui signifie le mépris, oblige l’espérance à emprunter le chemin du conflit. C’est le cas présentement dans le rif. Dans les pays arabes, pour ne pas changer les pratiques autoritaires et changer la société graduellement et en douceur, l’Etat et ses représentants invoquent : le sacré et l’unité nationale.

1) La majorité qui dirige actuellement le Maroc accuse les portes paroles des rifains de mettre en cause les fondements sacrés du pays et l’unité de la nation sous couvert de revendications sociales futiles. De plus les manifestants, qui saccagent les biens des autres, sont financés, de l’extérieur, par les ennemies du pays ; ils ne respectent pas non plus les lois qui encadrent les manifestations. C’est là le lieu d’un débat ambitieux et décisif que le peuple Marocain doit arbitrer.

2) Les portes paroles des Rifains, devant des accusations aussi graves, ont opposé un démenti catégorique : « Vous n’êtes que des nains au service du Makhzen ! Ce que vous dites est faux, et vous n’avez la moindre preuve. Si vous arrivez à prouver que nous somme financés par l’extérieur et que nous sommes de séparatistes,alors nous sommes prêts à nous jeter du haut d’une falaise. » La vie d’un homme est aussi sacré ! Non ? Un ministre de la majorité qui entend cela, doit rentrer en soi, écouter le silence de sa conscience, et, se nourrissant d’un doute dévastateur, répondre : « Avons-nous la moindre preuve pour étayer nos accusations ? ». On est ministre ou pas ?

3) Le courage ! Oui, il y des Hommes courageux ! Ho ! Excusez-moi, dans ce cas il s’agit d’une femme. Une député, pour qui le Maroc est une espérance et qui sait pertinemment ce que les marocains attendent des députés et des ministres, propose : « Si le gouvernement dit vrai, si les ministres et les chefs de partis ont des preuves tangibles, ils doivent les exposer au parlement, à la représentation populaire. »  Les accusations sont graves, donc tout le peuple Marocains doit les entendre, et, après, décider du sort des rifains. Si les ministres « sont des nains qui parlent sans responsabilité », il y a une responsabilité dans l’acte de parler, alors ils doivent tirer la conclusion qui s’impose : s’excuser et démissionner. Sinon, le Maghzen, depuis longtemps, sait utiliser les paroles vides de ses ministres pour deux choses : Calmer la colère du peuple en montant une composante contre l’autre, d’une part et discréditer les partis d’autre part.4) Des députés et des ministres incapables de mener un dialogue avec des hommes et des femmes désespérés ? 

[Retour]