Insi nous est revenu cette fois-ci avec un entretien de choc. Ne lui demandons pas comment il a pu l’avoir. Cela doit rester top secret. C’est la condition exigée par l’intéressé, en l’occurrence "Allah", dieu des Musulmans, pardon dieu des Arabo-musulmans comme il aimait à se définir. Lisons.
Insi : Azul.
Allah : Salam.
Insi : Alors ?
Allah : Alors quoi ?
Insi : C’est vrai ce qu’on dit finalement !
Allah : Qu’est-ce qui est vrai ?
Insi : Que tu existes.
Allah : Crois-tu ?
Insi : Puisque je te vois...
Allah : Non, mon petit. Ce n’est qu’un mirage. Je n’existe que dans ta pauvre tête de dégénéré mental. Moi, on m’a créé et je suis devenu ce que je suis par la volonté de mes créateurs. Ils m’ont nourri de fables et de légendes et me voici régnant à leur service.
Insi : Dois-je comprendre que tu n’existes pas en réalité ?
Allah : Certes, je n’existe pas, mais je fais semblant, quand même, d’exister.
Insi : Comme les fantômes de Kafka ?
Allah : Par exemple.
Insi : Et si tu refusais de servir tes créateurs ?
Allah : Ils m’abandonneraient à coup sûr comme les Berbères ont fait avec leur Dieu Anzar.
Insi : Ah ! Tu connais les Berbères ?
Allah : Vaguement…
Insi : Qu’en penses-tu ?
Allah : Je ne les connais qu’à travers ce que m’en dit mon ami Anzar : naïfs, ils sont comme des enfants, ils croient aux histoires merveilleuses. Ah, le pauvre Anzar ! Vous l’avez complètement délaissé.
Insi : Il est toujours vivant ?
Allah : Beh oui ! C’est un immortel, comme moi. Seulement, le pauvre il est souffrant.
Insi : Est-il malade ?
Allah : Oui, malade de son peuple ! Depuis que ses enfants l’ont abandonné, il ne fait que boire. Dernièrement, il m’a même demandé de devenir un petit saint de l’Islam pour avoir quelques offrandes. Tu te rends compte !
Insi : Alors, tu as accepté ?
Allah : Non, je ne voudrais pas l’humilier.
Insi : Je peux le voir ?
Allah : Une autre fois, peut-être je t’emmènerai le voir.
Insi : Et tu comprends la langue berbère ?
Allah : Non, moi je ne comprends que l’arabe, la langue de mes créateurs.
Insi : Est-ce vrai que tu les soutiens ?
Allah : Qui ?
Insi : Les Arabes.
Allah : Et comment ! Ce sont tout de même mes enfants-créateurs. Et de toute façon, c’est stipulé dans le contrat. Ils ont le droit de faire tout ce qu’ils veulent en mon nom. C’est un peu comme chez le FLN : les militaires créent un pseudo-président de la république et lui font dire et signer tout ce qu’ils veulent.
Insi : Tu connais le FLN ?
Allah : Bien sûr. Ils sont des alliés. Ils enseignent mon livre à l’école.
Insi : Tu veux dire le coran ?
Allah : Oui.
Insi : C’est toi qui l’as écrit ?
Allah : Moi je n’ai fait que signer.
Insi : Comment vois-tu l’avenir des Berbères en Afrique du Nord ?
Allah : Mal. Les Berbères se trompent de tout : de combat, de politique, même de divinité. Je les entends parfois invoquer mon nom, mais moi je ne peux rien pour eux. Cela me fait de la peine de les voir ainsi certes, mais que veux-tu ? On travaille pour celui dont notre existence en dépend.
Insi : Et Anzar ?
Allah : Le pauvre Anzar, à force de boire, a fini par presque perdre la mémoire. Il est temps peut-être de le réveiller.
Insi : Comment ?
Allah : Lui offrir une femme nue comme dans le temps, par exemple.
Insi : Ça lui manque à ce point ?
Allah : Tu sais, lorsque l’on bande on ne le trempe pas dans une louche.
Insi : Sinon, toi tu ne peux pas faire un geste pour le peuple de ton ami ?
Allah : Tu sais mon petit, j’éprouve une très grande sympathie pour ton peuple, mais il m’est difficile de l’aider. Pourtant, je les entends parfois invoquer mon nom en priant... mais que puis-je ? Encore une fois, moi j’existe par et pour mes créateurs.
Insi : Et que faire alors ?
Allah : Occupez-vous de votre dieu Anzar, remettez-le sur le sur le trône... Vous verrez, un jour il vous sauvera.
Insi : Tout compte fait, je te trouve bien sympathique.
Allah : Tu sais, moi je veux le bonheur de tous les peuples, même des Berbères, mais il ne faut pas qu’ils comptent sur moi pour les sortir de la merde dans laquelle ils se sont volontairement et gaiement foutus…
Insi : Tu es déjà venu en Kabylie ?
Allah : Non, jamais. Il fait trop froid.
Insi : Un dernier mot.
Allah : Je remercie Tamazgha qui m’a permis de m’exprimer.
Publié le mardi, 6 octobre 2009