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Contes d’Ali Ouidani

 

Avertissement: Les contes insérés dans ce site, restent la propriété de leur auteur. Toute exploitation à usage commercial ou mercantile est strictement interdite.  Leur mise en ligne gracieusement par l'auteur est destinée aux étudiants et aux visiteurs du site.  Le rappel de la source en cas d'utilisation sur un autre support est plus que recommandé !
 
SFIA LA COURTISANE
Préambule 
Ce que Sfia a vécu ressemble à ce que de nombreuses filles de nos compagnes ont vécu. Elles se sont retrouvées jetées dans un monde auquel elles ne s’y étaient pas préparées. Certaines après avoir connu toutes sortes d’humiliations sont arrivées à s’en sortir et ont retrouvé une vie normale. D’autres moins chanceuses ont fini leurs vies dans la déchéance et l’oubli à la marge de la société qui s’est contentée de les regarder sombrer dans le péché sans rien entreprendre pour leur venir en aide. Sfia était de ces filles qui étaient victimes de leurs naïvetés. Heureusement que la main d’une fée l’a saisie au moment où elle se croyait heureuse dans ce qui n’était qu’une illusion. Important : (En dépit de quelques ressemblances, les personnages et les faits ne sont que le fruit de mon imagination).
Chapitres déjà publiés:
Chapitre 1 : La fugue
Chapitre 2 : L’initiation
Chapitre 3 : Un emploi du temps minuté.
Chapitre 4 : Sfia et ses quelques partenaires.
Nouveau chapitre:
Chapitre 5 : Tout le monde chez le caïd !
 En cette journée du 3 mars, la fête bat son plein au centre du village. Les autorités locales ont tout fait pour que la fête soit au niveau de l’évènement. Le gouverneur est venu de Ksar-es-Souk, le super caïd et les caïds de tout le cercle de Goulmima portent pour la circonstance leurs uniformes de parât. Toutes les troupes musicales et folkloriques de la région sont présentent et les Ahidouss se succèdent l’un après l’autre sous les applaudissements de l’assistance.
Les Ait Morghade de Ghriss, de Tadigouste et de Taghiya  dansent sous la conduite de leurs poètes qui improvisent izlane  et vantent les autorités pour leur conduite des affaires du pays.
Hro ou Ali à la tête de la troupe n’iquabliyene d’Ait Moch, de Takaterte et d’ighrem  exécute sans faute un « Sahi- Lhana » que l’assistance applaudit longuement.
Les Ait Atta  de Mellab, d’Oultouroug et d’Igli n’épargnent aucun effort pour que la chorégraphie de Tazahzakiyte se déroule sans fausses notes. 
Issemkhane tous habillés de blanc et leurs danseuses drapées d’ »i3bane » de couleurs vives et attrayantes  savent marier le folklore gnaoui aux danses locales. 
Au son de sa « ghita » le maestro Jbara et sa troupe de 3arb Sbah de Tilouine fait danser aussi bien les jeunes que les vieux.
Après le premier passage de ces troupe et voyant que les chikhates ne sont pas là pour monter sur l’estrade, le Caïd appelle le cheikh du village à qui il ordonne d’aller dire à Aicha et aux filles de se dépêcher avant que le gouverneur reparte.
Chez Aicha c’est aussi la fête. Un groupe d’étudiants ont cotisé pour organiser une après-midi festive chez-elle. Comme ils étaient nombreux, ils avaient demander à Aicha d’inviter d’autres filles pour que la soirée soit réussie.
C’est ainsi qu’aux trois filles d’Aicha sont venue s’ajouter, Yamna et sa sœur ainsi que Pepsi et Laghzaoui qui sont venues de Tinejdad. Dans le salon d’Aicha, tout ce monde ne semble pas gêné par les fumées des brochettes et des cigarettes de Malboro que les filles et les étudiants grillées les unes après les autres. Ça chante, ça danse et ça rit. Tout semble conforme à « asdiqs n’walloune » comme le veulent les étudiants si ce n’est les coups de poings que quelqu’un donne avec insistance à la porte d’entrée.
Aicha demande aux fêtards de baisser la voix et se dirige vers la porte d’entrée.
En ouvrant la porte, elle trouve devant elle le cheikh, tout affolé qui lui dit :
Où sont tes filles Aicha, le caïd les attend !
Toutes les filles sont en voyage. Je suis toute seule à la maison.
Comme tous cheikhs, l’envoyé du caïd, tout en parlant tend l’oreille et entend le tam-tam des bendirs et les chants de ceux qui sont à l’intérieur.
Le caïd ne va pas être content, dit le cheikh avant de reprendre le chemin du retour.
Arrivé devant la tribune où se sont installés les autorités, les notables et les invités, d’un geste de sa main, le cheikh fait comprendre au caïd qu’Aicha et ses filles ne viendront pas.
Après le départ du gouverneur, le caïd appelle le cheikh et lui demande la raison de l’absence de Aicha et de ses filles ?
Tout en rapportant au caïd ce que Aicha lui a dit, il ajoute je pense « a Sidi » qu’elle ment, car dit-il j’ai entendu des voix et le bruit du bendir à l’intérieur de la maison
Ah ah, dit  le caïd, Je vais montrer à Aicha qu’on ne badine pas avec le Makhzen ! appelle le champêtre (chanebite) et dis lui de venir avec trois mokhaznis.
Quelques instants après, le champêtre et les mokhaznis se mettent au garde à vous devant le caïd. Prenant son air grave il s’adresse à eux et leur dit :
Vous allez tout de suite chez cette putain de Aicha et vous me ramenez tout le monde sans exception. Je vous attends dans mon bureau.
Chez Aicha, le thé coule à flot, les brochettes continues d’être servies et harkmouzzoune bat son plein et c’est difficilement que Aicha avait entendu les coups de poings que donnaient à la porte le champêtre et Mokhaznis.
Sans attendre que Aicha ouvre complètement la porte, les quatre hommes se précipitent à l’intérieur de la maison et se dirigent vers le salon.
D’un air moqueur, le champêtre s’adresse au groupe d’étudiants et leur dit :
 « Tbark-Allah 3la Chabab » (bravo les jeunes). Tout le monde debout et passez devant-nous. Nous vous conduisons chez le caïd !
Aicha essaie de persuader le champêtre de laisser partir les jeunes, mais ce dernier reste intraitable.  Les filles et les étudiants furent conduits deux par deux chez le caïd.
La fête venait de se termine , les rues étaient pleines à craquer de monde. La vue des filles et des jeunes escortés par les mokhazni attire de nombreux badauds qui s’éclatent de rire devant ce spectacle insolite
Arrivés dans le complexe administratif, le champêtre fait rentrer tout le monde dans un grand local qui n’a pour mobilier qu’un vieux bureau métallique, un fauteuil et quatre chaises en bois. Quelques instant après, on entend, le bruit des pas pressés du caïd qui disait des paroles inaudibles mais dont le ton traduisait son état coléreux. Avant de pénétrer dans le local, on l’entendit dire :
Ça sera la prison pour tout le monde!
Aicha qui a entendu ce que le caïd a dit, murmura dans l’oreille de Sfia :
Our tfri tingh assa ! (Aujourd’hui, nous sommes dans de beaux draps).
En pénétrant dans le local et à la vue du groupe d’étudiants, le caïd s’arrêta net comme s’il était hypnotisé. Il ne s’attendait pas à trouver parmi les jeunes, le propre neveu du super caïd.
Le moment de surprise passé, il se retourne vers le pauvre champêtre qu’il engueule et à qui il dit:
Ce n’est pas ceux-là que je t’ai demandé de m’emmener!
S’adressant aux filles et aux étudiants, ils leur dit:
Allez, tous dehors, espèces de débauchés !
Tout le monde se bouscule pour sortir du bureau. Dehors, les filles poussent un ouf de soulagement, les étudiants pouffaient de rire.
Qu’allons-nous faire demande un jeune.
On regagne tous la maison pour finir notre soirée lui répond le neveu du super caïd !
À suivre
Avertissement: Les contes insérés dans ce site, restent la propriété de leur auteur. Toute exploitation à usage commercial ou mercantile est strictement interdite.  Leur mise en ligne gracieusement par l'auteur est destinée aux étudiants et aux visiteurs du site.  Le rappel de la source en cas d'utilisation sur un autre support est plus que recommandé !
 
SFIA LA COURTISANE
Préambule 
Ce que Sfia a vécu ressemble à ce que de nombreuses filles de nos compagnes ont vécu. Elles se sont retrouvées jetées dans un monde auquel elles ne s’y étaient pas préparées. Certaines après avoir connu toutes sortes d’humiliations sont arrivées à s’en sortir et ont retrouvé une vie normale. D’autres moins chanceuses ont fini leurs vies dans la déchéance et l’oubli à la marge de la société qui s’est contentée de les regarder sombrer dans le péché sans rien entreprendre pour leur venir en aide. Sfia était de ces filles qui étaient victimes de leurs naïvetés. Heureusement que la main d’une fée l’a saisie au moment où elle se croyait heureuse dans ce qui n’était qu’une illusion. Important : (En dépit de quelques ressemblances, les personnages et les faits ne sont que le fruit de mon imagination).
Chapitres déjà publiés:
Chapitre 1 : La fugue
Chapitre 2 : L’initiation
Chapitre 3 : Un emploi du temps minuté.
Chapitre 4 : Sfia et ses quelques partenaires.
Nouveau chapitre:
Chapitre 5 : Tout le monde chez le caïd !
 En cette journée du 3 mars, la fête bat son plein au centre du village. Les autorités locales ont tout fait pour que la fête soit au niveau de l’évènement. Le gouverneur est venu de Ksar-es-Souk, le super caïd et les caïds de tout le cercle de Goulmima portent pour la circonstance leurs uniformes de parât. Toutes les troupes musicales et folkloriques de la région sont présentent et les Ahidouss se succèdent l’un après l’autre sous les applaudissements de l’assistance.
Les Ait Morghade de Ghriss, de Tadigouste et de Taghiya  dansent sous la conduite de leurs poètes qui improvisent izlane  et vantent les autorités pour leur conduite des affaires du pays.
Hro ou Ali à la tête de la troupe n’iquabliyene d’Ait Moch, de Takaterte et d’ighrem  exécute sans faute un « Sahi- Lhana » que l’assistance applaudit longuement.
Les Ait Atta  de Mellab, d’Oultouroug et d’Igli n’épargnent aucun effort pour que la chorégraphie de Tazahzakiyte se déroule sans fausses notes. 
Issemkhane tous habillés de blanc et leurs danseuses drapées d’ »i3bane » de couleurs vives et attrayantes  savent marier le folklore gnaoui aux danses locales. 
Au son de sa « ghita » le maestro Jbara et sa troupe de 3arb Sbah de Tilouine fait danser aussi bien les jeunes que les vieux.
Après le premier passage de ces troupe et voyant que les chikhates ne sont pas là pour monter sur l’estrade, le Caïd appelle le cheikh du village à qui il ordonne d’aller dire à Aicha et aux filles de se dépêcher avant que le gouverneur reparte.
Chez Aicha c’est aussi la fête. Un groupe d’étudiants ont cotisé pour organiser une après-midi festive chez-elle. Comme ils étaient nombreux, ils avaient demander à Aicha d’inviter d’autres filles pour que la soirée soit réussie.
C’est ainsi qu’aux trois filles d’Aicha sont venue s’ajouter, Yamna et sa sœur ainsi que Pepsi et Laghzaoui qui sont venues de Tinejdad. Dans le salon d’Aicha, tout ce monde ne semble pas gêné par les fumées des brochettes et des cigarettes de Malboro que les filles et les étudiants grillées les unes après les autres. Ça chante, ça danse et ça rit. Tout semble conforme à « asdiqs n’walloune » comme le veulent les étudiants si ce n’est les coups de poings que quelqu’un donne avec insistance à la porte d’entrée.
Aicha demande aux fêtards de baisser la voix et se dirige vers la porte d’entrée.
En ouvrant la porte, elle trouve devant elle le cheikh, tout affolé qui lui dit :
Où sont tes filles Aicha, le caïd les attend !
Toutes les filles sont en voyage. Je suis toute seule à la maison.
Comme tous cheikhs, l’envoyé du caïd, tout en parlant tend l’oreille et entend le tam-tam des bendirs et les chants de ceux qui sont à l’intérieur.
Le caïd ne va pas être content, dit le cheikh avant de reprendre le chemin du retour.
Arrivé devant la tribune où se sont installés les autorités, les notables et les invités, d’un geste de sa main, le cheikh fait comprendre au caïd qu’Aicha et ses filles ne viendront pas.
Après le départ du gouverneur, le caïd appelle le cheikh et lui demande la raison de l’absence de Aicha et de ses filles ?
Tout en rapportant au caïd ce que Aicha lui a dit, il ajoute je pense « a Sidi » qu’elle ment, car dit-il j’ai entendu des voix et le bruit du bendir à l’intérieur de la maison
Ah ah, dit  le caïd, Je vais montrer à Aicha qu’on ne badine pas avec le Makhzen ! appelle le champêtre (chanebite) et dis lui de venir avec trois mokhaznis.
Quelques instants après, le champêtre et les mokhaznis se mettent au garde à vous devant le caïd. Prenant son air grave il s’adresse à eux et leur dit :
Vous allez tout de suite chez cette putain de Aicha et vous me ramenez tout le monde sans exception. Je vous attends dans mon bureau.
Chez Aicha, le thé coule à flot, les brochettes continues d’être servies et harkmouzzoune bat son plein et c’est difficilement que Aicha avait entendu les coups de poings que donnaient à la porte le champêtre et Mokhaznis.
Sans attendre que Aicha ouvre complètement la porte, les quatre hommes se précipitent à l’intérieur de la maison et se dirigent vers le salon.
D’un air moqueur, le champêtre s’adresse au groupe d’étudiants et leur dit :
 « Tbark-Allah 3la Chabab » (bravo les jeunes). Tout le monde debout et passez devant-nous. Nous vous conduisons chez le caïd !
Aicha essaie de persuader le champêtre de laisser partir les jeunes, mais ce dernier reste intraitable.  Les filles et les étudiants furent conduits deux par deux chez le caïd.
La fête venait de se termine , les rues étaient pleines à craquer de monde. La vue des filles et des jeunes escortés par les mokhazni attire de nombreux badauds qui s’éclatent de rire devant ce spectacle insolite
Arrivés dans le complexe administratif, le champêtre fait rentrer tout le monde dans un grand local qui n’a pour mobilier qu’un vieux bureau métallique, un fauteuil et quatre chaises en bois. Quelques instant après, on entend, le bruit des pas pressés du caïd qui disait des paroles inaudibles mais dont le ton traduisait son état coléreux. Avant de pénétrer dans le local, on l’entendit dire :
Ça sera la prison pour tout le monde!
Aicha qui a entendu ce que le caïd a dit, murmura dans l’oreille de Sfia :
Our tfri tingh assa ! (Aujourd’hui, nous sommes dans de beaux draps).
En pénétrant dans le local et à la vue du groupe d’étudiants, le caïd s’arrêta net comme s’il était hypnotisé. Il ne s’attendait pas à trouver parmi les jeunes, le propre neveu du super caïd.
Le moment de surprise passé, il se retourne vers le pauvre champêtre qu’il engueule et à qui il dit:
Ce n’est pas ceux-là que je t’ai demandé de m’emmener!
S’adressant aux filles et aux étudiants, ils leur dit:
Allez, tous dehors, espèces de débauchés !
Tout le monde se bouscule pour sortir du bureau. Dehors, les filles poussent un ouf de soulagement, les étudiants pouffaient de rire.
Qu’allons-nous faire demande un jeune.
On regagne tous la maison pour finir notre soirée lui répond le neveu du super caïd !
À suivre

 

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