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RECIT D'UNE ESCAPADE

RECIT D’UNE ESCAPADE (Août 2004)

La population du village de Rich, capitale des Ait Izdeg d’où est issu Ait Rahou Addi plus connu sous le nom de Addi ou Bihi, premier gouverneur de la province du Tafilalet, dort encore quand Moha mon frère me déposa et continua sa route vers Casablanca. Rich s'est beaucoup développé depuis que les routes le liant à Amellago d’une part et à Imilchil d’autre part ont été bitumées. Le fait que Tazmamarte soit à une vingtaine de kilomètres n’a pas altéré l’image ni la renommée du village. La fraîcheur matinale aidant, le premier tronçon du parcours d’une vingtaine de kilomètres de Rich à Mzizel fut parcouru sans grande difficulté bien que depuis la traversée du pont construit à la place de l'ancien gué de oued Ziz, la route ne cessait de grimper, je ne sentis aucune fatigue à parcourir la distance. Je fus tellement émerveillé par la vue de ces grands espaces et par la quiétude des lieux que je ne me suis pas empêché de chanter à haute voix "Izlane" du grand poète Ghrissois feu Ouâsta, Je me sentais à l'aise et plus en sécurité que dans les rues de Casablanca. Mes origines nomades ont repris le contrôle de tous mes sens. Le travail, les préoccupations quotidiennes, ce n'est ni le lieu ni le moment d'y penser tout est devenu pour moi accessoire ! ! !

A Mzizel, le proposé aux PTT chargé de dispatcher le courrier par m’chyakha avant de le remettre aux moqqadems qui à leur tour le distribuent aux habitants m’offrit un verre de thé et me déconseilla de faire à pied le trajet séparant Mzizel d’Amellago. Car me dit-il le plateau est aride et le soleil tapait fort. Il m’offrit une chaise pour me reposer et me parla de son douar qui était à un demi kilomètre de son bureau. Au bout d’une heure d’attente, un « Taxi ksour« s’arrêta devant le bureau de poste. Il était plein à craquer, et deux hommes étaient déjà sur le toit du fourgon Transit. J'y prends place aussi sur le toit et m’assois sur une caisse en bois contenant une trentaine de poules. La surcharge du véhicule et l’état de la route ne permettaient pas de rouler à grande vitesse ce qui était rassurant car à chaque virage, le véhicule penchait tellement que je croyais qu’il allait se coucher sur le coté. Mon voisin de fortune était un étudiant en sociologie, lui aussi sa destination était Imilchil, mon regret m’a t il dit est de ne pas avoir appris Tamazight alors que ses parents la parlent couramment, mais je vais m'y mettre dès maintenant.

Le Ksar d’Agoudim Ighf N’Ouamane, entre Rich et Amellago représente le point de partage des eaux entre les oued Ziz et Ghriss. Les précipitations de pluies tombantes à l’Est ou au Nord de ce point coulent vers Ziz. Par contre, celles du Sud et de l’Ouest rejoignent le Ghriss. Les habitations sont construites en Taboute (pisé) et les parcelles cultivées longent le petit cours d'eau et conditionne la vie en ces lieux.

Le village d'Amellago, point d’intersection des routes de Rich arrivant de l' Est, de Goulmima venant du Sud et de Tinghir de l’Ouest, n’a pas beaucoup changé. Je n’ai pas eu de mal à reconnaître la petite infirmerie où avait officié mon père en 59., Mais je fus déçu en apprenant que le grand verger où poussaient pommiers, noyers et mûriers n’existe plus. Avant il était entretenu par les mokhazni et ses fruits étaient très abondants, appréciés et très demandés. Ce petit village du versant sud du haut Atlas a vu la naissance d’un grand champion des rallye en occurrence Mr Fogerouss installé à Toulouse, il avait organisé il y'a quelques années le rallye d’Amellago en hommage à son village natal. Amellago a connu aussi des moments tragiques avec les événement de 1973 liés à ceux de Goulmima et de Moulay Bouazza (voir livre "Héros sans gloire de Mehdi Bennouna"). Ces événements ont laissé un impact négatif sur toute la région. L’état impraticable de la route longeant oued Ghriss et allant vers Goulmima n’a pas favorisé le développement de ce village qui avait l’habitude de commercer avec le Ghriss chef lieu de la même tribu (Ait Morghade) qu’avec Rich chef lieu des Ait Izdeg.

En remontant Oued Ghriss on arrive à Amouguer des Ait Morghade. Au nord entre Outerbate et Rich se trouve un autre village portant le même nom, Amouguer des Ait Hdidou. Le Sanctuaire d’ "Ima Hagua Ali" la sainte des lieux est situé en aval de la source. Cette Sainte qui assiste les faibles et tous ceux qui se trouvent confrontés à une grande difficulté. Les gens s’adressent à elle par forte imploration, chaque fois qu’ils sont appelés à exécuter une pénible tâche.

A Imma hgua Ali

Tine Oumouguer Aâouni

Aôune takssa

N’babam A tagouramti

****

Ô toi Imma Hagua Ali

Celle d’Amouguer aide moi

Aide la progéniture de ton père

Ô Toi la sainte

Elle aurait aussi la barraka de favoriser et faciliter le mariage des jeunes filles. Je lui fais une offrande pour favoriser le sort de quelqu’un qui m’est très Cher en jetant des biscuits secs aux poissons de sa source, Il faut reconnaître que malgré l'islamisation du pays certaines pratiques animistes persistent encore dans beaucoup de villages!. Le volume d’eau qui jaillit d’Aghbalou n’Oumouguer a beaucoup diminué, mais la quantité d’eau qui coule dans la seguia est assez suffisante pour irriguer les champs de maïs et de luzerne qui bordent l’oued, assurant aux habitants une autosuffisance en céréales et en aliments pour leur maigre bétail.

 

D’Amellago à Assoul en traversant Tizit « le col » les ksour se suivent et ne sont séparés les uns des autres que par quelques champs et quelques vergers plantés d’une diversité d’arbres fruitiers. En cette période de fin d‘été, les pommes, les figues et les pêches sont offertes gracieusement par les enfants aux touristes. Je ressentis un pincement au cœur en voyant l’arbre de "Kwawch" d’où pendaient des grappes de ce fruit épicé et oléagineux dont grand mère fourrait ses galettes de pain ! Ce souvenir refait surface au point de sentir l’odeur parfumée de ce pain cuit dans "Tanourte" envahir mes narines et sentir mes mâchoires mâcher un pain qui n’existait que dans ma tête. L’envie de reste plus de temps dans cet endroit était tellement forte que j’y passe la nuit sous un grand noyer.

Je fus réveillé par l’appel du muezzin du ksar de Sidi M’hamed ou Youssef, le temps de me laver le visage dans le cours d’eau, je repris la route vers le village d’Assoul, sanctuaire d’Ait Sidi Bou Yaâcoub.On me montra "Tighramt" du caïd Ouskounti héros de la bataille de Baddou (1934). Ce grand homme et ses compagnons ne déposèrent les armes que parce qu'ils ne pouvaient rien faire contre l'aviation française qui les bombardait. Ah si les missiles "Stinger" existaient! le cours de l'histoire ne serait pas le même me dis-je!. Après quatre heures de marche et à quelques kilomètres du village d’Assoul un vieil homme vint à ma rencontre et me dit « bojor msiou » en levant la main en salut militaire. Je lui répondis en tamazight ce qui l'avait surpris car m’a t-il dit il m’avait pris pour un roumi! Il m'invita et insista pour que je partage son déjeuner j'acceptai à une seule condition de ne rien ajouter à ce que son épouse avait préparé. Nous assîmes sur un tapis en laine tissé localement, lui, son épouse, ses deux enfants et moi autour d’une petite table basse en bois de noyer primes du plaisir à partager les deux galettes de pain de maïs et à siroter le thé que mon hôte a su préparer avec cérémonie. Nous parlâmes de tout et mon hôte tenait à me faire part d'une chose qui l’inquiétait. La situations des jeunes de son village et des villages voisins qui après avoir terminé leurs études se retrouvaient au chômage et reviennent au pays. Ils ne sont plus aptes aux travaux de champs, et leur chance de trouver un travail à partir de ces villages enclavés est quasiment nulle. Voilà encore une injustice dont nos jeunes sont victimes par rapport à ceux des grandes villes qui ne sont pas loin des usines, des administrations et des opportunités de travail. Nous, les personnes âgées, nous sommes un peu fatalistes et acceptons notre sort, mais eux, ils en veulent un peu à tout le monde et à plusieurs reprises on a frôlé des accrochages avec des moqqadem ou avec les agents d’autorité. Il faut désamorcer la bombe et trouver une solution car la cocotte est en train de bouillir et la soupape semble coincée. Il me demanda par la suite pourquoi je ne voyage pas dans un Transit "Taxi ksour" cela m'évitera de me fatiguer et me permettra d'arriver rapidement à ma destination me dit-il. Il resta ébahis quand je lui dis que je possède une voiture et que j’ai les moyens de faire ce trajet avec un moyen de locomotion mais que j’y trouve du plaisir à le faire à pied, avec un sac à dos ! à rencontrer les gens, à discuter avec eux et à passer la nuit au bord de l’oued à la belle étoile. Mon hôte soupira avant de dire d’une voix d'un non convaincu: « Ouna ilane g tmara da itnada raht, ouna ilane g raht da itnada tamara » Ceux qui peinent cherchent le confort et la quiétude et ceux qui sont dans le confort cherchent la misère ! Après avoir pris un troisième verre de thé, je remercie mon hôte et continue mon chemin vers Assoul après avoir remis un sachet de bonbons et deux stylos à ses deux enfants.

Je n’ai pas trouvé de difficultés à reconnaître Assoul. La description qui m’a été faite par mon épouse qui avait passé une bonne partie de son enfance est conforme à ce que j’ai trouvé sur place. Seul, manquait Simon l’épicier qui a immigré en Israél juste après l’indépendance du Maroc. En traversant la porte du complexe administratif dominée par deux borj, on arrive sur la grande place, entourée par des services administratifs. A gauche le bureau du caïd et l’école, au fond l’hôpital et à droite le bureau de poste et l’épicerie de Simon fermée depuis que le "bon juif" à quitté Assoul. De cet endroit on domine la vallée cultivée et les ksars qui sont en contrebas, et qui constituent les Ait Sidi Bou Yaâcoub. Comme Amellago, Assoul s’est vu oublié durant toutes ces années passées! Une piste cahoteuse venant d’Amellago et la même piste allait vers Ait Hanni ! L’électricité n’est distribuée que de 19h à 23h soit l'équivalent de quatre petites heures, le réseau GSM n’est pas opérationnel. Et suivre les compétitions olympiques n’est pas une priorité pour ces populations qui ont d’autres préoccupations plus urgentes que de connaître le vainqueur des 400m nages libres. Ici ça fait des années que les populations nagent dans la précarité. Et on lit sur le visage des jeunes ce sentiment de frustration; Quant aux personnes âgées, elles semblent plus heureuses dans leur misère que nous dans notre "confort" Ici le mot "stress" n'est pas encore inscrit dans leur lexique.

Après avoir fait le tour du village, je demandais à un épicier où trouver un transport public pour rejoindre Ait Hanni ? Pas avant demain matin et ce n’est pas sûr me répondit-il ! Lahdid (moyens de transport) manque et même s'il n'est que 15h, il n'y aura pas de camion pour Ait hanni avant demain dans la matinée si le camion en provenance d'Assoul arrive comme prévu. Ainsi donc, pour faire les cinquante quatre kilomètres, il faudrait attendre autant!! Et moi qui devrais être demain à Imilchil pour assister à l'ouverture du festival de la musique des cimes et du moussem de Sidi Ahmed Oulmghani? Je remplis ma gourde d’eau; mis mon sac sur le dos et pris le chemin d’Ait Hanni. Par chance, la chaleur du soleil a sensiblement baissé.

Apres avoir parcouru une vingtaine de kilomètre, montant et descendant un parcours escarpé, la tombée de la nuit m'empêchant de profiter de la vue des paysages et après avoir bu la dernière goutte d’eau qui me restait je décide de m'arrêter et de passer le reste de la nuit au bord de la route. la lune qui est dans son premier quartier éclairait à peine le paysage. Allongé sur mon sac de couchage à même le sol en ciment d’un radier, je n'entendais que le bruit du silence! Je regardais les nuages passer devant la lune en dessinant diverses figures! Je n’arrivais pas à trouver sommeil, mais à aucun moment je ne sentis un brin de peur. Suis-je devenu "accro" aux bruits et aux vacarmes de la ville au point de devenir insomniaque? Je continuais à fixer les nuages et soudain je revis les visages de mes deux parents qui m’ont quitté il y’a juste une année. Je sentis une larme chaude me traverser le visage tout en pensant à la pudeur de mon père et à l'amour sans limite que me portait "Ma Itto".

Vers 00h30 j’entendis un bruit de moteur, je compris qu’il s’agit d’un véhicule qui arrivait. Aussi me mis je debout au bord de la piste espérant que le conducteur s'arrêter pour m’approvisionner en eau à défaut de me transporter jusqu’à Ait Hanni. Le véhicule freina après m'avoir dépassé d'une vingtaine de mètres. Un homme y descendit un gourdin à la main. Il me demanda les raisons de ma présence en pleine nuit dans ces lieux inhabités. Je lui explique, que ne disposant plus d’eau j’ai préféré m’arrêter de marcher et attendre le lever du jour pour trouver un point d’eau. Il m’invita à monter dans leur véhicule qui était une ambulance dans laquelle avait pris place quatre autres personnes dont un médecin, L'équipe se rendait aussi au moussem d’Imilchil. Le voyage dans l’ambulance dura presque une heure pour faire les trente kilomètres qui séparent ce lieu d’Ait Hanni

Ait Hanni a plus de chance qu’Amellago et Assoul. Etant d’une part situé sur un croisement de chemins menant à Imilchil, à Tinghir, et à Assoul, d’autre part du fait que la route menant vers Tinghir venait d'être goudronnée. Le village semble retrouver une certaine animation, vu le nombre de véhicules en stationnement Il faut souligner aussi que l’électrification du village a certainement donné plus d'espoir aux populations. Néanmoins, le problème du chômage des jeunes reste commun à tous les villages du sud. Heureusement pour ces régions que beaucoup d’immigrés soient originaires de ces villages et que leurs retours durant l’été constituent un bouffée d'oxygène et un soutien important en argent pour tous les habitants. Après avoir mangé une omelette et bu un bon verre de thé que le seul cafetier resté ouvert m'a servi, je m'allonge sur une natte en doum que le cafetier m'avait bien voulu mettre à ma disposition et que j'ai étalé dehors devant le café.

Réveillé par l’appel à la prière du sobh, je rempile mon sac de couchage dans le sac à dos, et prends la route vers le moussem. Au bout de quatre heures de marche, la montée de Tizi N’Therhouzine stoppa mon élan et mon désir de continuer à pied. Je m’assis sur un rocher au bord de la piste et attendis qu’un taxi-ksour m’embarqua. Au bout de quelques minutes d’attente un vieux tacot Transit s’arrêta, j’y prends place au milieu d’une vingtaine de passagers tous enthousiasmés de se rendre au moussem. Le véhicule souffrait énormément en grimpant ce col qui mène vers le grand plateau du haut Atlas, alors que ma souffrance à moi était d’une autre nature. La chaleur suffocante ajoutée aux odeurs et aux vomis de certains passagers devint de plus en plus insupportable. Heureusement qu’après la montée le chauffeur s’arrêta pour une pause pipi, ce qui me permet de me dégourdir les jambes mais surtout d’inspirer un bouffée d’air frais.

Arrivés a Agoudal (pâturage) je fus surpris de voir que les champs de blé ne sont pas encore moissonnés. Je ne pensais pas que le décalage saisonnier entre ces villages des cimes et ceux des vallées soit si important. Comment se fait-il que le moussem ait lieu alors que tous les travaux des champs ne sont pas encore terminés? Moi qui suis de la région, je sais que le moussem de Sidi Hmad Oulmghani contrairement à toutes les légendes construites autour de cet évènement est plus une occasion pour la tribu des Ait Hdidou de fêter les mariages de leurs enfants durant cette période de répit qui correspond aussi à la fin des travaux des champs; que de faire les achats indispensables afin affronter la saison hivernale durant laquelle les villages deviennent inaccessibles par des chutes de neige qui viennent s'ajouter à leur enclavement!!

Arrivé à Ait Amro lieu du moussem et du sanctuaire du saint Sidi Ahmed Oulmghani, et avant de me débarrasser de mon sac à dos je me permets un petit déjeuner « princier » en m’offrant un bol de harira, quatre beignets et une bon berrad de thé. Des amis de Goulmima que j’ai eu l’occasion de rencontrer durant le festival de Dredma et qui sont arrivés au moussem m’apprirent que le moussem n’a pas drainé autant de monde que les années précédentes. Le fait d’avoir avancé la date de la manifestation n’a pas plu à beaucoup de gens. Sa date habituelle était durant des années la dernière semaine du mois de septembre. Et quand "le politique" veut prendre le dessus sur "le culturel", alors bonjour les dégâts.

Les marchés les plus animés du moussem étaient ceux du bétail. Quatre grands carrés leurs étaient réservés. Le premier pour les mulets (moyen de transport le plus adapté et le plus apprécié par les populations). Le deuxième est celui des bovins. le troisième celui des ovins et caprins. Quant au quatrième il est situé a une centaine de mètres des autres, réservé aux chameaux. L'autre coté du moussem était moins animé. Le troc a complètement disparu. fini l'échange du sel germe ou des pommes de terre contre les dattes.

Le mausolée n'était pas aussi fréquenté par les jeunes filles comme il l'était les années passées. Avant elles venaient l'implorer pour qu'il les aide à trouver un mari! maintenant elles savent que d'autres moyens de plaire et de séduire existent. Les "Jeans" commencent à remplacer l'habit traditionnel, les fonds de teint ont remplacé la farine de blé et le fard à joues a remplacé l'étiquette du pain de sucre qu'elles mouillaient avant de s'y frotter les joues pour les rendre rouges!L'année prochaine je ne serais pas surpris de trouver un cybercafé à coté. Les visiteurs étrangers n'étaient pas nombreux. Heureusement que le festival des musiques des cimes sur le plan animation était là. Bien que la scène principale soit installée au centre d'Imilchil, Chaque après midi vers 15h et durant les trois jours du festival des troupes invitées venaient présenter leurs danses tout près du mausolée. Aussi pour cette année on peut avancer sans trop se tromper que le moussem d’Imilchil plus connu sous l’appellation du moussem des fiançailles a été sauvé grâce au festival des musiques des cimes. Cette manifestation organisée par le Centre Tarik Ibn Zyad a invité des artistes de qualité qui ont égayé les après-midi sur l’esplanade du mausolée de Sidi Hmed Ou Lamghani et les soirées au centre d’Imilchil où fut montée une scène équipée de jeu de lumières et d'une bonne sonorisation. Les groupes qui se sont succédés sur la scène étaient:: la troupe d'ahidouss des Ait Hdidou d’Imilchil, le groupe de Lakbab dirigé de main de maître par le maestro Moha ou Lhoussain Achibane, le groupe des Ait Morghad de Goulmima exécutant sans faute Tazahkakiyte sous le contrôle du poète Amazigh Omar Taws, la troupe d’Ait buwdar de Gourama avec leur danses guerrières, les chants du grand poète de Ain Leuh feu Hammou Lyazid repris avec succès par Mohamed Maghni et ses chikhates de khénifra, Nous avons également écouté avec plaisir l'artiste rifain Said Zerouali interprétant ses chants du Rif. Le groupe Amérindien venu du Canada nous a entraîné dans le rythme de leur "danse des esprits". Toutes ses troupes ont été longuement applaudi par le nombreux public présent. Tamediyazte revendicative du vétéran Moha Akouray de Tounfite improvisée pour la circonstance, et qu’il adressait aux membres du gouvernement présents fut entrecoupée de youyous et d’applaudissements tellement elle traduisait les attentes de ces populations des cimes qui ne demandaient pas autre chose que leur région soit dotée d'infrastructures indispensables à son développement. C'était aussi un moment de plaisir d'avoir rencontré à Imilchil une artiste hors paire. Les beaux tableaux de peinture sur tapis aux motifs Tifinagh de Khadija BOUKAROUNE qu'elle a gracieusement accroché aux murs derrière la scène se sont intégrés dans le décor naturel du site d'Imilchil (voir rubriques Art et culture). Que Khadija et son mari Smail me permettent de dire tout simplement que les tableaux semblaient être plus "heureux" d'être accrochés à ces murs en pisé qu'à ceux d'un salon fait de " Tadalakte". Un second plaisir fut l'entretien que j'ai eu avec le maestro Moha ou Lhoussain Achibane, ce monument de la danse des Ichkèrne de Lakbab.

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