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Déroulé d'une partie d’un parcours professionnel (clin d’oeil à mes ex collègues du CIH) le 28/07/2018 à 07h34

Si dans une entreprise la pratique veut que ce soient les chefs qui apprécient leurs collaborateurs, il arrive aussi que ces derniers à leur tour apprécient leurs boss !

Dans ma vie professionnelle de 41 ans, j’ai eu l’occasion de croiser de nombreux dirigeants qu’ils aient le titre de Président ou de Directeur Général. Certains ont marqué leur temps par leur honnêteté, leur dynamisme dans le seul but de développer le business dont ils avaient la charge, d’autres avaient un comportement de mafiosos et n’avaient rien à envier aux membres du clan des siciliens. 

Avant d’atterrir dans le secteur bancaire en tant que directeur régional, j’avais exercé durant 13 ans dans une compagnie sucrière marocaine puis 14 ans dans une multinationale américaine leader dans les produits de grande consommation. Je ne vais pas revenir sur ma carrière professionnelle qui comme celles de tout cadre ou employé a connu des moments de satisfaction, de frustration et bien entendu de stress. Mais tout ça est grâce à Dieu derrière moi. 

Si chez mes deux premiers employeurs j’ai eu l’occasion de collaborer avec des dirigeants qui ne manquaient pas de compétences dans le domaine dans lequel ils exerçaient, à la banque j’ai eu l’occasion de collaborer en tant que directeur régional avec plusieurs patrons. Je n’ai pas eu le privilege de connaître un certain Slimani dont tout le personnel reconnaît la compétence et la mixité avec le personnel de la banque. Le fait d’avoir occupé durant quelques années le poste de Président de la Fédération Royale Marocaine de Football lui avait permis de côtoyer les gens du Peuple. Mr Slimani, pour une histoire de terrain à la Sonaba d’Agadir qu’il aurait refusé de céder à un Émir du Golfe, fut remplacé par Moulay Zine Zahidi qui fut le bâtisseur des sucreries de Sidi Bennour et Khmiss Zmamra lorsqu’il occupait le poste de Directeur Général de la Cosumar. Il fut nommé en tant que ministre dans le gouvernement de technocrates qu’avait formé Mr Karim Lamrani. Sa nomination en tant que Président du CIH ne lui a pas trop réussie puisqu’il fut remplacé puis accusé lui et un certain nombre de ses collaborateurs de mauvaise gestion et de dilapidation de deniers publiques. Ne me demandez pas quelle est la suite de cette accusation qu’une commission parlementaire menée par un “usfpeiste” qui s’est servi de l’affaire CIH pour se forger une carrière et qui avait collée à ce groupe de cadres de la banque cette grave accusation. Je n’exclue pas que derrière tout ce tralala, il avait un règlement de compte entre un Parti de gauche et le pouvoir dont Zahidi reste à ce jour la seule victime puisque tous les autres accusés ont été rétablis dans leurs fonctions alors que ce grand commis de l’Etat passe le reste de ses jours au Portugal loin de son pays et de ses amis. 

Zahidi fut remplacé par Mr Souhail, un homme qui fait parti du bureau politique du PPS et qui avait exercé dans une autre banque avant d’être nommé au CIH. Cet homme était d’une grande culture est aussi d’une grande courtoisie. Il a su freiner quelques-uns  de ses conseillers qui commençaient à  écarter certains cadres qui avaient été  recrutés par le Président qui avait précédé Mr Souhail. Personnellement, je garde une bonne image de cet homme qui ambitionnait de redresser l’image de la banque après la campagne menée à tort et orchestrée par divers médias de cette affaire appelée “Affaire CIH”. Le remplacement de cet homme à la tête de la banque avait surpris l’ensemble du personnel de la banque.

À monsieur Souhail avait  succédé “l’ivoire” qui d’ailleurs n’avait d’ivoire que le nom ! La rumeur disait que ce n’était pas lui qui devait être nommé au poste de Président de la banque, mais  une autre personne portant le même nom et qui occupait qui était Wali dans une province du Nord du Maroc. Les gens chargés du protocole royal qui avaient par erreur convoqué le patron des chemins de fer au lieu et place de son homonyme ne se sont rendus compte de leur erreur que quelques instants avant  la cérémonie de nomination. Se trouvant devant le Roi, personne du protocole royal n’avait osé dire à sa Majesté qu’il ne s’agissait pas de la bonne personne. Et c’est ainsi que ce bonhomme fût nommé Président du CIH. C’était un patron qui n’était apprécié et aimé que par les quelques personnes qu’il avait ramenées dans ses bagages en arrivant à la banque. Quand il appelait à son bureau un de ses collaborateurs, il le laissait debout sans l’inviter à s’assoir même si l’entretien durait plusieurs minutes. 

Un jour alors que j’étais en réunion avec mes deux collègues directeurs régionaux, il me fait appeler par sa secrétaire. Un de mes deux collègues tape sur la table et dit que c’est encore foutu pour la réunion d’aujourd’hui. Je lui répondis que mon entretien avec le Président risque de ne pas durer longtemps. Et c’est ce qui était arrivé. En pénétrant dans son bureau et tout en lui disant bonjour monsieur le Président, je me suis assis dans l’un des fauteuils qui était en face de son bureau sans attendre que je sois invité à le faire. Surpris par mon attitude, Il me regarda un instant sans rien dire ni d’ailleurs répondre à mon salut puis me dis d’un temps ferme et gêné de prendre mes dispositions pour qu’on se retrouve la semaine qui suit à Agadir. L’entretien n’avait pas duré plus de deux minutes et son déplacement à Agadir n’a jamais eu lieu ! 

Je ne charge pas cet homme, par une quelconque envie malsaine. Sa maladresse et son comportement étaient loin d’être appréciés par l’ensemble du personnel de la banque. C’est aussi durant sa présidence qu’une grande partie du patrimoine immobilier de la banque a été bradée. Avait-il reçu des instructions pour agir ainsi, je ne le sait pas ! Je n’exagère pas en disant que ceux qui l’avaient nommé avaient fait rentrer un éléphant dans un magasin de porcelaine !

Au cheminot avait succédé en tant que Président un socialiste. Affable et beau parleur, il faisait passer auprès du personnel une image qui contrastait avec une gestion en bon père de famille des affaires de la banque dont il nous parlait à chacune de ses réunions. Durant sa présidence, le copinage et les liens de familiaux avaient pris le dessus sur la droiture et la compétence dans la gestion des ressources humaines de l’institution. La gestion austère du cheminot fut remplacée par une gestion complaisante et insoucieuse qui ne présageait rien de bon pour l’avenir de la banque !

J’avais pris ma retraite avant qu’il soit démis de ses fonctions et conduit devant les juges qui n’avaient pas hésité à lui faire visiter la prison.

Ayant quitté la banque avant que Monsieur Ahmed Rahhou l’actuel Président soit nommé, je ne peux rapporter que les dires et les appréciations très positives de certains amis qui continuent d’exercer au sein de cette banque qui a beaucoup contribué dans le développement des secteurs immobiliers et touristiques du Maroc. 

Ainsi va Ghriss

Agadir le 28/07/2018

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