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Le "Fkih" croyait être seul aux commandes de l'avion ! le 01/04/2017 à 09h50

Le Maroc est resté durant six mois sans gouvernement et il pourrait continuer ainsi sans que cela gêne en quoi que soit la marche et la continuité des affaires. Sa Majesté continue d'inaugurer et de lancer des projets un peu partout dans le pays et mène des actions de reconquête à travers l'Afrique. 
Le Maroc est comme un avion en pilotage automatique, même si l'équipage qui est à l'intérieur a l'impression d'être aux commandes. Le vrai pilote entouré de ses assistants n'est pas dans l'aéronef et celui qui croyait tenir les commandes n'avait d'un commandant de bord que les quatre barrettes dorées des manches de son veston et la casquette qu'il arbore sur sa tête.
Pendant le voyage qui a tout de même trop duré avec lui, il a plus passé du temps à sortir du cockpit pour amuser les passagers en leur racontant des blagues dignes d'un bon  "Hlaiki" de Jamaa Lfna qu'à surveiller et interpréter les divers indicateurs et clignotants des tableaux de bord de l'appareil. Mais qu'importe! Pour lui les galons, la rémunération et les avantages qui vont avec, la fonction passaient avant la surveillance et l'anticipation sur un quelconque problème qui arriverait à l'appareil. 
Les passagers qui savaient que l'avion était entre de bonnes mains jouaient le jeu. Ils riaient et applaudissaient pour que le faux commandant continue à les amuser tout en lui faisant croire qu'il est le meilleur commandant de bord du pays. Mais comme tout a une fin, le commandant qui voulait faire de l'avion sa propriété privée, en se réservant à lui seul le droit de choisir l'équipage pour un second voyage fut débarqué et remercié. On lui ôte alors son uniforme et ses galons de commandant et on lui refile sa vieille djellaba de Fkih qu'il était avant. 
L'avion et les passagers, furent confiés à un nouveau pilote qui a accepté l'équipage qui lui a été recommandé et l'appareil va enfin décoller de nouveau et suivre le plan de vol qui lui sera tracé. Le nouveau commandant de bord n'est pas du genre à faire rire la galerie. Il risque de ne jamais quitter son cockpit et encore moins faire rire les passagers comme le faisait celui qui l'avait précédé. Il se consacrera à interpréter les oscillations des aiguilles des divers cadrans du tableau de bord comme le ferait un psychiatre  pour tous les gestes de son patient, sans oublier sa principale tâche qui consiste à demander aux aiguilleurs du ciel à chaque changement de cap, si comme convenu, l'avion est sur la trajectoire "n'ougharass ifoulkine" !
Ainsi va Ghriss

Washington le 01/04/2017

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